L'inspectiondu travail a envoyé un avertissement à Renault et envisage de dresserun PV pour "harcèlement moral" après les 3 suicides de salariés.
Le Technocentre de Guyancourt,dans les Yvelines, c'est là que sont conçus les futurs modèles de lamarque. C'est là aussi qu'entre novembre 2006 et février 2007 ont eulieu deux suicides de salariés. Un autre salarié du Technocentre avaitmis fin à ses jours chez lui, expliquant dans un courrier son geste parses difficultés au travail. Saisie de ces affaires qui avaient faitgrand bruit, l'inspection du travail a envoyé début janvier unavertissement au constructeur. Elle lui demande des informationscomplémentaires et envisage de dresser un procès-verbal pour "harcèlement moral" envers les salariés. L'inspection du travail reproche notamment à Renaultde ne pas se donner les moyens de contrôler les horaires de travail deses cadres et leurs dérives, selon une source proche du dossier. C'estle fonctionnement d'ensemble du site qui est mis en cause, et non uneou plusieurs personnes. Si un PV - simple constatation des faits -était établi, il serait transmis à la justice, le parquet devant alorsdécider s'il poursuit l'entreprise ou classe le PV.
Bientôt une requête de la veuve du premier salarié Aprèsle troisième suicide, le parquet a ouvert une enquête préliminaire etles auditions de cadres dirigeants devraient se poursuivent encore un àdeux mois, selon une source judiciaire. De son côté, la direction de Renaulta lancé mi-mars un plan de soutien aux équipes de ses centresd'ingéniérie, assorti fin septembre de "mesures sur la maîtrise dutemps de travail". Elle a signé le 19 décembre un accord avec cinqsyndicats afin de créer pour ces centres une "commission paritaire surl'amélioration des conditions de vie et de travail des équipes".
Parailleurs, concernant les procédures en cours auprès de l'assurancemaladie, la veuve du premier salarié qui s'est suicidé s'apprête àdéposer une requête en reconnaissance de la "faute inexcusable" de Renault,qui avait l'obligation d'assurer la sécurité et de protéger la santéphysique et mentale de son salarié, a indiqué son avocate. Ce suicide adéjà été reconnu comme un accident du travail par l'assurance maladie.
Ily a deux ans, un autre salarié du Technocentre avait mis fin à sesjours. Et un autre encore à réchappé à une tentative de suicide. |